Prière pour ceux qui ne sont rien

Roman
ISBN : 9791097390143
Parution : 11/01/2018
176 pages
Prix : 18 €

Prière pour ceux qui ne sont rien

Jerry WILSON

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sébastien DOUBINSKY

Bienvenue à Boise, Idaho, bienvenue dans les parcs et les réserves naturelles de la ville, bienvenue en enfer. Ici vous trouverez des essences rares de pins, des peupliers de Virginie, des écureuils bruns et des alcooliques rougeauds dévorés par les puces, sentant la merde et le vomi, qui donneraient leur mère, s’ils l’avaient connue, contre un cubi de rouge. Welcome to Boise !

Jerry Wilson a travaillé comme garde municipal dans ces parcs. Il a nettoyé jour après jour les canettes de bières, les taches les plus invraisemblables, les traces laissées par la lie de l’humanité. Il est devenu ami avec les clochards, les paumés, les homeless qui vivent sous des toits en moquette pourrie, aux pieds des arbres parmi les étrons, ou sous les ponts, dans des niches en béton. Il les a écouté déblatérer, a écouté leurs mensonges, leurs bravades. En nettoyant leurs déjections. Mais surtout il les a aimé.

Ces gens-là ne durent pas bien longtemps. La plupart – tous ? – seront déjà morts quand vous lirez ces lignes. En leur mémoire, Prière pour ceux qui ne sont rien, Jerry Wilson a voulu témoigner de leur existence et du génie éternel de ces clochards célestes de l’Idaho.

En véritable héritier de Bukowski et Steinbeck, Jerry Wilson donne la parole aux délaissés de l'Amérique de Trump. Une Amérique à la fois pathétique et émouvante.
On en parle :
Des personnages à vous arracher les tripes, une tendresse à vous faire saigner le cœur, et un humour qui tache pour faire cocktail fort. À consommer sans modération.
Jacques Lindecker, L'ALSACE

Ceux sont les âmes errantes des parcs publics de Boise, Idaho. Clochards célestes dont les journées sont longues et la vie si courte, alcooliques et décatis, sales et si peu méchants. Jerry Wilson est allé à leur rencontre, de son témoignage tendre et réaliste, il en tire une longue prière à l'haleine bukowskienne.
"Un peu de bière dégoulina sur sa veste en jean usée. Elle récupéra l'écume avec les doigts et les lécha. Elle portait le même genre de veste depuis des lustres, avec un jean délavé et des bottines. De temps en temps elle se plantait devant les bennes d'habits gratuits de boutique de bienfaisance et cherchait des trucs de son style. Parfois elle tombait sur un trésor et pouvait s'offrir de nouveaux habits. Swiveller se pencha et sortit de son seau un ours en peluche rose et sale, qu'il tendit à Sister Christian. "Je crois qu'il t'appartient", dit-il. Sister Chritian le lui arracha des doigts. "Nikki Six! je l'ai cherché partout! je croyais qu'il m'avait abandonné pour de bon." Elle embrassa l'animal en peluche sur le museau et ajusta le ruban d'un blanc crasseux autour de son cou. Serrant l'ours contre elle, elle se leva en vacillant de la table. De son bras libre, elle agrippa la nuque de Swiveller et l'attira à elle. "Merci", dit-elle d'une voie pâteuse. Son haleine était chaude et nauséabonde, comme si on avait lâché un pet devant un radiateur électrique."
Jacky Flenoir, Librairie CALLIGRAMMES, La Rochelle

Une brochette de losers magnifiques dans les cieux et parc de l'Idaho, sans vernis, brute et brutale comme peut l'être la vie humaine, qui donne la parole aux laissés-pour-compte et aux déclassés. Rien ne se finit bien mais c'est aussi la force de Jerry Wilson : nous mettre la tête dans l'enfer de la précarité. Saisissant de réalisme, vibrant d'une écriture ponctuée de phrases mémorables.
Sarah Gastel, TERRE DES LIVRES, Lyon