• Nés pour être damnés
  • Prière pour ceux qui ne sont rien
  • Comme le cristal
  • Les Anciennes Nuits
  • Un Moustique dans la ville
Nés pour être damnés

Nés pour être damnés

Jamal BENBRAHMI

Un homme né un vendredi 13 et son épouse née un vendredi 13 ont un enfant né un … bon, là le père triche un peu, c’est un jeudi 12 mais en échange de quelques grammes d’herbe, c’est bon, le petit sera déclaré né un vendredi 13 aussi. Le Guinness Book valide, une secte Irlandaise le reconnaît aussitôt comme son Messie tandis qu’une autre voit en lui l’Antéchrist à occire au plus vite. Le père du Messie, également narrateur et plus ou moins vampire, doté d’une épée magique et de la faculté de voler, défend sa famille depuis l’Irlande jusqu’en Algérie, en passant par l’Irak en guerre, contre tout un tas de démons coriaces et archi-motivés. Foutraque, hallucinant, débridé, libertaire, dantesque, Nés pour être damnés est un coup de folie, un hommage venu d’Algérie aux romans pulps de l’Amérique des années soixante, avec des décors en carton peint, des méchants aux rictus improbables et des épées magiques qui clignotent dans les cieux crépusculaires et eschatologiques. J’avais remarqué que mes cinq fidèles manifestaient ces derniers temps un certain enthousiasme à voir Melouka et Mahdi dans ce château, en tout cas bien plus que du retour de Nawal et Bakir. Il y avait du soleil dehors, dans le jardin, Ahmed préparait la table pour le déjeuner. Quand nous nous y installâmes, Nawal et moi, arriva sir Gerald et comme à l’accoutumée il tenait un journal à la main. « … Alors révérend … des nouvelles du vampire ? — … Vous avez deviné juste … Dracula vient de faire sa première victime, une femme de trente ans parait-il. — … Prenez un siège et servez-vous … — … C’est très aimable a vous, Maître … Vous n’êtes pas sans savoir le fait marquant du jour ? » Nawal, qui s’était emparée du Guardian, me montra du doigt la date : vendredi 13 Mars 1998. « … Puis-je vous rappeler que nous devons procéder au baptême de l’enfant ce soir ? — … Pour que la prophétie s’accomplisse … c’est bien cela révérend … — … Oui, Maître … pour que la prophétie s’accomplisse … »

En librairie le 11 janvier 2018

Prière pour ceux qui ne sont rien

Prière pour ceux qui ne sont rien

Jerry WILSON

Traduit de l' anglais (Etats-Unis) par Sébastien DOUBINSKY

Bienvenue à Boise, Idaho, bienvenue dans les parcs et les réserves naturelles de la ville, bienvenue en enfer. Ici vous trouverez des essences rares de pins, des peupliers de Virginie, des écureuils bruns et des alcooliques rougeauds dévorés par les puces, sentant la merde et le vomi, qui donneraient leur mère, s’ils l’avaient connue, contre un cubi de rouge. Welcome to Boise ! Jerry Wilson a travaillé comme garde municipal dans ces parcs. Il a nettoyé jour après jour les canettes de bières, les taches les plus invraisemblables, les traces laissées par la lie de l’humanité. Il est devenu ami avec les clochards, les paumés, les homeless qui vivent sous des toits en moquette pourrie, aux pieds des arbres parmi les étrons, ou sous les ponts, dans des niches en béton. Il les a écouté déblatérer, a écouté leurs mensonges, leurs bravades. En nettoyant leurs déjections. Mais surtout il les a aimé. Ces gens-là ne durent pas bien longtemps. La plupart – tous ? – seront déjà morts quand vous lirez ces lignes. En leur mémoire, Prière pour ceux qui ne sont rien, Jerry Wilson a voulu témoigner de leur existence et du génie éternel de ces clochards célestes de l’Idaho. En véritable héritier de Bukowski et Steinbeck, Jerry Wilson donne la parole aux délaissés de l'Amérique de Trump. Une Amérique à la fois pathétique et émouvante.

En librairie le 11 janvier 2018